Taklimakan Rally China 2016 - Le prologue

L’heure du prologue

Le prologue du Taklimakan Rally, il était prévu ce dimanche 15 mai en fin de matinée. Six kilomètres à parcourir, sans difficulté technique particulière, ni en pilotage, ni en navigation. Normalement, presque à classer dans la rubrique des formalités... Une sorte de queue de protocole qui suit la cérémonie d’une ouverture officielle.

C’est d’ailleurs dans cette logique que l’organisation du Taklimakan Rally a préparé le sien, le postant à quelques encablures d’un bivouac de départ installé dans la ville de Tacheng.

Sauf que, parfois, la logique… La logique déjà, s’il y en avait eu une, elle aurait dû me permettre de rejoindre, samedi 14 en fin de matinée, le bivouac pour discuter avec Xavier (mon mécano pour cette épreuve et fils du Gégé Anthony boss de « l’atelier du désert » en charge d’une structure moto dans un team« concurrent ») de la moto, pour régler en statique les commandes, pour s’y promener un peu, ou même beaucoup, pour humer l’air du rallye, pour y prendre la température, pour rentrer dedans tout simplement… Oui, sauf que, l’avion qui devait me mener à Tacheng depuis Urumqi n’a jamais décollé (trop de vent), et que les 550 kilomètres prévus pour être avalé en une petite heure se sont transformés en 7 pour les faire par la route (après les 16 heures d’avion de la veille… Je me plains pas j’explique !). Et encore, fallait voir le chauffeur… Barjot complet... Le king du minibus !

Partout où quiconque ne se serait risquer à doubler, pas parce que c’était interdit par la signalétique (non, ça c’est une option qu’il n’avait pas retenu), le garçon mettait un point d’honneur à tenter l’action. Une sorte d’esthète du grand n’importe quoi. Un cador l’ami chinois qui sera parvenu (par je ne sais quel miracle… Ou habitude… Ou parce que conduire ainsi est une coutume local) à éviter les chocs frontaux et à amener à bon port camion et équipage. Reste que cette longue route aura été relativement stressante...

Ensuite, le lendemain matin, jour du prologue donc, je devais arriver aux aurores sur le bivouac pour découvrir la moto. Là encore pas de bol, le chauffeur ne connaît pas la route, et c’est finalement après de longs détours, un changement de voiture, et 15 minutes avant le début de la cérémonie protocolaire que je pose enfin mon gros sac contre la moto. Le temps de s’habiller, de démarrer la moto (au kick car plus de batterie), de se rendre compte que le ralenti n’en finit pas d’accélérer, qu’il faut y aller.

Avec Xavier qui n’a pas encore eu le temps de gérer les postes qui merdouillaient (d’autres plus important l’avaient occupé la veille), on décide avec Xavier de rouler piano et de se pencher ensuite sur les problèmes restant à régler. Voilà le plan. Un plan renforcé par une invitée pas franchement espérée… La pluie ! Correcte au matin, la météo s’est chargée d’eau comme on tend un élastique pour nous le lâcher sur le casque pile au moment où l’on quittait le podium de départ. Arrivé sur une spéciale détrempée, l’objectif n’était plus que de rester sur ses roues. Avec des pneus rallyes, l’eau, donc la boue, c’est tout sauf une amie.

lors j’ai fait comme j’ai pu, sans rencontrer de problèmes majeurs, ni mécanique, ni chute, juste une vague impression de convoyer et surtout pas de piloter.

Pas de plaisir du tout, mais l’impératif d’un passage obligé en attendant des jours meilleurs. Plus beaux en tout cas. Ce sera pas pour demain lundi 16 mai, les grenouilles locales nous promettent encore des hectolitres sur la tête..

C’est dommage, parce que la fête est belle, l’accueil réservé par la population franchement super. Des gens qui se font une joie (partagée) de découvrir des occidentaux (nous sommes deux français et un espagnol engagés en moto) presque au seuil de leur maison. Quant à l’organisation, elle a vraiment mis les petits plats dans les très grands. Les ingrédients sont là, ne manque que le soleil, et une moto qui tourne (plus) rond. Pour la moto, Xavier y travaille, pour le soleil, là…