Taklimakan Rally China 2016

C’est reparti pour un (grand) tour !

Enfin, j’espère que ce sera un grand tour… Pas un petit tour, pas un tour tronqué, même si en rallye raid peut être plus qu’ailleurs, en tout cas lorsqu’on se risque à une comparaison dans le seul domaine des sports mécaniques, s’il est facile de dire (et encore) que l’on part, il est impossible – sauf pour les trop forts en gueule – de se risquer à déclarer être certain de terminer.

En rallye raid, les aléas qui se dressent sous vos roues sont presque aussi nombreux que les pierres et autres grains de sable qui s’en échappent. Le hasard y a sa place. La chance aussi. Et si l’on se réjouit de pouvoir profiter de cette dernière quand elle se montre favorable, il ne faut jamais prendre le risque de compter sur elle.

Pas plus que sur lui. Simplement parce que les surprises ne sont pas toujours heureuses… S’il est une vertu que cette discipline sauvage cultive avec force, c’est l’humilité. Et la retenue fait partie intégrante de l’humilité. Une notion essentielle quand il s’agit de s’attaquer à un rallye tel que celui du Taklimakan, une épreuve longue de près de 7 000 kilomètres s’étirant sur 14 jours de course. Disputé dans le nord ouest de la Chine, dans la province du XinJiang et ce désert du Taklimakan qui lui a donné son nom, ce rallye déjà « vieux » de 12 ans se rêve désormais à l’international.

Un peu trop asiatico asiatique aux yeux des organisateurs, le Taklimakan Rally entend s’évader. Et moi aussi, alors… Alors par l’intermédiaire de Gérard Anthony, boss et cheville ouvrière de l’Atelier du désert à Ouanne (89), et directement impliqué dans des teams chinois engagés au Taklimakan, m’a été donné l’opportunité d’espérer rejoindre ces hautes dunes de sable pas si éloignées du plus grand désert du monde, celui de Gobi. Des partenaires motivés pour prendre mon aspi’, une gestion du temps en mode express s’expliquant par le délai rikiki entre la proposition et le départ de la course (1 mois et demi), et c’était parti.

Enfin… Parti, parti ce sera pour jeudi 12 mai au soir, sur le coup de 20 heures. Un vol Air China jusqu’à Pekin, une arrivée vers 12 heures en heure locale (- 6 heures), un autre vol de 3 000 km jusqu’à Urumqi pour une arrivée programmée à 20 heures.
Restera alors 400 kilomètres de voiture, ou de bus, ou de camion, pour arriver jusqu’au bivouac du départ. Samedi, ce sera contrôle du bonhomme et de la moto, puis le départ dimanche matin.

Un départ vers l’inconnu, guidé par un fil d’Ariane que je n’avais plus entrevu depuis plus de deux ans… Le road book. Une révision en mode express là encore, puis un apprentissage au fil des kilomètres de la KTM 530 que je découvrirai là-bas… Beaucoup d’inconnus, et c’est tant mieux. Je vais vous raconter tout ça, ça et le reste, ça et plus encore, l’aventure peut commencer, ou continuer, c’est selon.